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Le logiciel libre au travail : s'en servir, et le soutenir

Quand un outil libre fait le travail, je le préfère. J'en ai mis en place en interne et pour des clients : Mattermost pour la messagerie d'équipe, Nextcloud pour les fichiers, Jits...

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Quand un outil libre fait le travail, je le préfère. J'en ai mis en place en interne et pour des clients : Mattermost pour la messagerie d'équipe, Nextcloud pour les fichiers, Jitsi Meet pour la visioconférence.

Cette note dit d'où vient cette habitude, ce qui freine vraiment, et ce qui manque encore selon moi : payer pour ces outils.

D'où ça vient

J'ai travaillé pour Aremedia, une association de santé publique. Les équipes de terrain y recueillaient des données sensibles, et il fallait savoir où ces données allaient. Un outil libre était le seul qui laissait cette décision à l'association. Le cas est raconté dans Un outil d'enquête auto-hébergé pour une association de santé publique.

J'en ai gardé une idée simple : choisir un outil libre n'est pas d'abord une affaire de principe. C'est une façon de rester maître de ses données, de son budget et de sa sortie.

Trois outils, trois besoins

Outil À quoi il sert Ce qu'il remplace
Mattermost La messagerie d'équipe Slack
Nextcloud Les fichiers partagés Google Drive
Jitsi Meet La visioconférence Un besoin ponctuel de visio, pour certains

Je ne les ai pas posés partout d'un coup. Chacun répondait à un besoin précis : remplacer un service en place, ou couvrir un usage que personne n'avait encore outillé.

Ce qui freine

L'installation n'est pas le plus long. Le plus long, c'est l'adoption.

Tant qu'une partie de l'équipe reste sur l'ancien outil, la bascule n'est pas faite. Les conversations sont à deux endroits, les fichiers aussi, et on entretient deux systèmes au lieu d'un. Un retard d'adoption retarde donc tout le reste : on ne peut arrêter l'ancien service que le jour où plus personne n'en dépend.

Ce qui manque : payer

Dans les cas que j'ai connus, l'entreprise n'a rien versé aux projets dont elle se servait tous les jours.

Je pense que c'est une erreur, et qu'elle se corrige facilement. Une entreprise dont le quotidien repose sur des logiciels libres a des fournisseurs qu'elle ne paie pas. Les financer n'est pas un geste : c'est entretenir ce dont le travail dépend.

Ce que je proposerais :

  1. Faire la liste des logiciels libres dont l'activité dépend réellement.
  2. Réserver un budget annuel, par exemple une part de ce qui n'est pas dépensé en licences.
  3. Choisir la forme : un don régulier, un contrat de support auprès de l'éditeur, ou du temps de contribution.
  4. L'écrire dans la démarche RSE de l'entreprise quand elle en a une, avec les montants.

Le quatrième point compte autant que les autres. Une ligne dans un rapport RSE se suit d'une année sur l'autre. Une bonne intention, non.

Ce que j'en retiens

  • Un outil libre se choisit sur un besoin, pas sur une conviction.
  • La vraie date d'un changement d'outil est celle où l'ancien s'arrête.
  • Se servir d'un logiciel libre sans le financer, c'est compter sur les autres pour qu'il existe encore dans cinq ans.